chapitre 1: je vis dans un autre monde
Je réveille dans mon lit , les yeux embués par la fatigue ,complètement paralysés des membres à cause des positions que j'prends souvent quand je dort.Je soupire bruyamment et j'admire le plafond en réfléchissant.Mes bras sont mis au-dessus de ma tête et mes jambes ,écartée que je referme aussitôt.Il est 11h10 , ma mère m'apella du bas des escaliers comme d'habitude en me disant de me lever sinon je serais privée de manger.
La nourriture: une chose essentielle pour moi car c'est une des seules choses qui me procure encore un peu de bonheur , quelque chose qui libère les endorphines dans mon cerveau , les hormones du bonheur.Je me hâte donc à me lever en faisant rapidement mon lit et en pliant soigneusement ma couverture et la posant au bout.
Je descendit ensuite les escaliers machinalement sans réfléchir avec les yeux encores fatigués et un peu dépourvue d'équilibre,j'attrape la rampe pour ne pas tomber comme une masse par terre.Je m'assois à table ,cherchant desesperemment quelque chose à faire pour aider , ne pas rester les mains libres.Mais rien , pas grand chose en tout cas.Au menu ce midi : riz blanc , poisson et salade.Ce que je peux dire de bien sur ma mère ,c'est qu'elle sait bien faire la cuisine , au moins un point fort qu'on peut noter.Je mange en engloutissant le riz comme si je n'avais rien mangé depuis des lustres mais en faite ce n'est pas mon ventre que je remplit mais plutôt je comble un manque affectif , un manque que j'ai constamment même si je fais des efforts pour me détacher de ça , devenir froide comme un glaçon et rester indifferente aux situations sentimentales qui me pourissent la vie à longueur de temps.
Finit de manger rapidement ,j'aide à nettoyer la table et débarasse tout.Une fois cette tâche accomplie , je remonte dans ma chambre.Sur mon ordinateur ,j'espère , je rêve d'une vie meilleure ,les écouteurs sur les oreilles , je chante doucement pour laisser échapper toute cette pression qui me pèse sur le coeur car je ne peux pas pleurer ,on est en plein après-midi et je ne peux pas faire ça sous peine de me faire interroger ou me faire insulter de folle , et là je reste polie et respectueuse , ce sont des insultes plus fortes ,plus assassines , pour cacher quoi ? une peur ? une incapacité à gérer et comprendre la situation pour les parents ? je veux bien tout expliquer mais cet arme qu'est le secret sera utilisé contre moi dans un autre temps.Et là je regretterai toute ma vie entière alors il ne vaut mieux rien dire et se taire et souffrir.
Je chante alors pour oublier.Je pourrais boire, me droguer , coucher avec tous les gars de la ville comme les jeunes de mon âge mais je ne le fais pas parce que ce n'est pas comme ça que j'ai été éduquée et je ne veux pas donner de moi une image si pathétique : une fille perdue alors elle fait les pires frasques pour se faire remarquer.Je veux qu'on me remarque mais pas pour mes bêtises ou des "attrapes-parents" mais par ce que je fais de bien ou de parfait.Je n'ai pas envie qu'on se souvienne de moi comme la fille qui n'avait rien ,qui se plaignait tout le temps et qui était malheureuse mais plutôt un peu tourmentée et perturbée mais forte et qui faisait tout ce qu'elle pouvait pour s'en sortir.
Il faut finir par se réveiller de ce cauchemar car c'est l'heure d'aller dans la réalité.Je dois aller au lycée où les gens me considère comme une petite gamine qui n'ose jamais prendre de risques,une fifille bien sage et qui écoutent ses parents au doigt et à l'oeil comme un chienchien.Un bon chien qui obéit à ses maîtres et qui les suit sans discuter ,sans se poser de questions parce qu'ils le revendiquent eux-même : ils savent tout de la vie et ont toujours raison , ils ne se remettent jamais en question même si des fois ça urge!
Je descends et je marche avec mon sac à dos jusqu'à mon putain de lycée.L'endroit est grand ,beau mais assez vieux ,je vis dans une ville vieille , ceci explique cela.Je passe par mes chemins habituels comme si j'étais un robot et je prends des fois le temps de regarder le paysage comme si il ne me restait que quelques mois à vivre.J'aime m'extasier devant la nature,le paysage , les animaux qui passent ,les habitations qui sont parfois magnifiques comme si j'étais une autre personne.Mais je ne sais même pas pourquoi je le fais , j'attends peut-être un signe qui me révélera que je suis importante et que je ne mérite pas de mourir.Un signe de dieu, de n'importe quoi qui me dirait que je sert à quelque chose.
Soudain , je vut au loin un chemin dans une espèce de forêt qui longe la route que j'emprunte.Je le regarde avec beaucoup d'attention comme si il révélai quelque chose d'important.Comme si ce chemin commun était une route vers le paradis , non que dis-je , l'aventure , le grand saut dans le danger ,l'inconnu , l'excitation dûe au risque.Je me dit de ne pas y aller car les cours vont bientôt commencer et que je vais être en retard .J'irai après l'école ce n'est pas grave.
Je continue donc mon chemin jusqu'au lycée et je rentre dans le batiment auquel je doit aller pour me rendre en cours.Au passage ,je baisse les yeux toute le temps ,je relève ma tête seulement pour vérifier si je ne vais pas foncer dans un poteau et me payer la honte devant des ados pré-pubaire boutonneux qui se moqueront de moi avec leur rire rauque et long comme un souffle de mort qui s'abat sur vous.
Je m'appuis ,dos au mur ,attendant la venue de mon professeur.Quelques gens que je connais sont au loin ,attendant aussi le début du cours mais ils ne viennent pas me voir , ils ne veulent pas ? ne peuvent pas ? j'en sais rien et franchement je m'en fiche , ce n'est pas une excuse ,aucun excuse ne sera assez bonne pour me faire remonter à la surface de la vie.J'attends donc avec impatience la longue sonnerie qui retentira et qui donnera le début du cours.Celle-ci se fit entendre , je m'empresse d'aller devant la salle ,beaucoup plus près qu'avant et j'attends.Le prof s'ammène avec sa mine habituel ,essayant desesperemment de sourire aux "chouchous" qui ne leur adresse même pas un regard.
Tout le monde rentre , en murmurant un bref mais obligatoire bonjour pour que le prof les ait à la bonne.Tout le monde s'assoit et pendant que le prof donne son cours ,moi j'écoute attentivement ,de toute façon je n'ai que ça à faire .Ah non ! pour une fois ,je peux penser au chemin lugubre et bizarre que j'ai découvert.C'est super ! j'ai trop envie de voir ce qui s'y cache comme si c'était le but de ma vie entière.
J'aime faire ça : m'inventer des mondes ou des choses fantastiques qui n'existe pas mais y croire à fond comme si c'était réel.J'arrive tellement à faire croire à mon esprit et à mon corps certaines choses que parfois je frissonne ,j'ai peur , mais de la bonne peur , de l'excitation , du danger en moi.J'aime me sentir en danger comme si j'avais le sort du monde entre mes mains et que je devais le sauver.Servir à quelque chose : voilà ce que je voudrais .
Après les cours , certains s'attendent pour discuter encore un peu mais pas moi.Je me dépèche de marcher vite pour rentrer au plus vite chez moi.Mais là , ce n'est pas la même chose : je dois aller découvrir ce que renferme ce chemin inquiètant.Je marche rapidement jusqu'à celui-ci et me place devant lui comme si j'allais changer de vie.Je l'emprunte , à chaque pas j'ai des frissons , de la peur qui monte dans ma gorge.Mon corps transpire ,frissonne.Les bruits de la forêt sont effrayants mais ce ne sont que des animaux ou des insectes.J'ai quand même un peu la frousse ,les bois c'est l'endroit rêvé des tueurs en séries ou des violeurs fous mais qu'importe ,je prends mon courage à deux mains et je m'engouffre dans la forêt.
Je parcoure le chemin un peu boueux , regarde mes pieds comme si j'étais encore au lycée mais je me reprends et regarde devant profitant du magnifique paysage qui s'offre à moi.Mon écharpe me réchauffe chaque seconde un peu plus.Les feuilles orangées et jaunies des arbres tombent tour à tour devant moi , c'est l'automne qui s'annonce sous le ciel.Je continue faisant de chaque instant une aventure pour mon regard qui ne peut s'empecher d'admirer la forêt.Le vent souffle un peu sur mon visage pâle et froid , je frissonne encore plus.Mais je continue plus forte que tout et marche encore ,le chemin est plutôt long.Surprise ! le chemin s'engouffre de plus en plus et la forêt devient de plus en plus sombre ,est-ce que je dois continuer ? oui ou non ? ou rentrer chez moi en courant avant que mes parents s'inquiètent ?
A cette idée ,je prends de suite mon portable rose et je téléphone à mes parents en leur disant que je fais mes devoirs chez une copine.Les devoirs c'est toujours un bon argument pour s'évader et faire autre chose : les parents ne refusent jamais si ça fait partie de l'école et que c'est obligatoire.Ils acquiescent donc sans hésiter et me laisse tranquille enfin.Le fardeau est déjà en moins sur mes épaules ,je peux y aller le coeur léger.
Je continue donc le chemin qui m'emporte un peu plus dans la peur et le danger.Le froid continue de me picoter le visage au fur et à mesure que j'avance mais je ne rechigne pas : je veux découvrir si il y a quelque chose de bizarre dans cette forêt.Mon coeur se serre de plus en plus mais en même temps , je suis si heureuse de prendre un risque.Soudain ,je tombe sur une espèce de vieille petite baraque abandonnée ,je suis assez éloignée de celle-ci ,heureusement pour moi.J'ai tellement envie de m'approcher et de voir ce qu'il y a à l'interieur.
Tout à coup , j'entends un bruit de croassement au loin , plusieurs corbeaux on dirait.Mais je finit par en voir un seul qui s'ammène et qui se pose sur la branche d'un arbre assez mort.Il est vraiment superbe , noir de jais , un bec grisé et un regard qui en dit long.Un regard intense , il m'a repéré , il m'observe comme si il voulait me dire quelque chose mais qu'il n'osait pas.Le piaf s'envole donc et s'en va autre part , un peu plus loin.Pour faire quoi , j'en sais rien mais il s'en va.
Moi je continue à regarder cette maison effrayante qui me fait face ,comme si elle était vivante mais il y a t-il quelqun à l'interieur ? surement pas , la barraque est en ruine et prête à s'effondrer ,elle semble morte,abandonné sans vie.Je décide alors de m'approcher d'un peu plus près pour jeter un coup d'oeil à l'interieur.Sans blague ?! il y a des membles anciens et poussièreux , une espèce de petite bibliothèque avec des livres tout droit sortit de Harry Potter on dirait , un bureau , un siège noir et ignoble question goût .Mais qui peut bien vivre dans un taudis pareil ? peut-être un ermite suicidaire et depressif ? Peut-être finirais-je aussi comme cela ,sans personne vivant dans une maison horrible avec du mobilier crade et dégoutant.
Bon ,en faite ce n'était rien de bien passionant.Je suis prête à me retourner pour rentrer chez moi bredouille quand soudain...une vieille femme apparait dans la pièce.Enfin vieille ,pas si vieille , elle a l'air d'avoir une quarantaine d'année ,elle a les lèvre maquillées de rouge ,les yeux noirs ,le teins normal , le contour des yeux charbonneux ce qui fait ressortir son regard très perçant.Elle est habillée d'une longue robe noire assez étrange car c'est comme si elle était incrustée dans le sol , on ne voit pas ses pieds.Elle prend un livre rouge qui se tenait sur sa bibliothèque et le feuillète calmement et attentivement.Je n'arrive pas à déchiffrer ce qu'il y a de noté sur la couverture du livre en question.
C'est plutôt étrange car je viens de remarquer que cette femme a des gants noirs sur les mains.Cela fait plutôt aristocrate et bourgeois plutôt que "vieille ermite habitant dans une forêt isolée du monde".C'est très bizarre qu'une femme de ce rang et s'habillant ainsi réside dans une maison aussi délabrée et en ruine.Un chat noir fait irruption dans la pièce soudainement.La femme lui jète un bref coup d'oeil et sans le regarder ,elle lui caresse la tête ce que le chat apprecie particulièrement car il se met à ronronner.Puis ensuite , il saute sur bureau et se met en boule puis ferme les paupières.
Je soupire bruyamment : il n'y avait donc rien d'extraordinaire dans cette maison ? juste une femme qui vit dans la forêt avec son chat dans une vieille maison en ruine ? C'est vraiment la déception pour moi qui commence à me dire que ma vie est plutôt mince et lisse.Le félin noir se réveille soudain : il se lève rapidement et renifle comme si il avait repéré un rongeur dans les environs.Il se met à miauler fortement pour prévenir sa maitresse.Celle-ci le regarde en lui demandant ce qu'il y a , comme si elle comprenait ce qu'il disait dans ses miuaulements.Il feule,crache et lève sa patte comme pour griffer quelque chose .Mais qu'est-ce qu'il a ce pauvre matou ? il a mal quelques part ? Il ouvre soudain grand la bouche et crache mais en dirigeant son regard de mon côté.
Je panique soudainement ,je fais des yeux ronds ,je suis bouche-bée et ébahit devant un tel comportement venant d'un chat .Je recule peu à peu mais calmement ,c'était comme si le chat m'avait repéré et qu'il donnait le signal à sa maitresse.La femme essayait desespéremment de le comprendre et soudain ,tourna sa tête de mon côté.Je tombe sur mon posterieur ,apeurée par le mouvement de tête robotique qu'a fait la femme étrange.Je me relève rapidement ,pas le temps de réaliser il faut s'échapper à tout prix.Si ça se trouve ,c'est une folle dingue qui s'est échappé de l'asile et qui veut tuer tout les gens qui oseront l'espionner ,une personne comme moi !
Je cours à travers les bois sans m'arrêter et sans me retourner même si j'entends des miaulements forts derrière moi et des hurlements de vieille femme.Je n'arrive pas à entendre ce qu'elle dit tellement je suis bouleversée mais ce qui est sûr ,c'est que ce sont des hurlements rauques et menaçants.Je continue à courrir même si je suis essouflée et fatiguée ,j'ai trop peur pour m'arrêter et prendre le risque de me faire attraper par cette folle.
Arrivée chez moi ,je regarde par la fenêtre pour vérifier si cette femme ne m'aurait pas suivi.Ouf ! non heureusement mais ...quand on y réfléchit même si j'ai eut peur ,j'ai passé une journée superbe.Je suis heureuse d'avoir eu un peu d'adrenaline même si c'était un peu risqué et pas très intelligent.Mais cette femme était plutôt étrange ainsi que son chat qui lui servait d'alarme.Je dit bonjour à mes parents en souriant et je monte dans ma chambre aussitôt après avoir répondu à toutes les questions existencielles que mon père m'a posé après cette sortie mouvementée:
"c'était bien ?" "t'as bien révisé ?" "vous avez fait que ça ?"
Le mensonge est pour moi la clef du bonheur et de la liberté ... en tout cas avec mes parents.Il faut bien que je m'amuse un peu même si c'est dangereux de faire ce genre de chose.Après m'être douché et habillé ,je mange machinalement ,prenant chaque bouchée comme un morceau de bonheur en sachet et je remonte direct dans ma chambre...après avoir aidé mes parents bien sûr.
Une fois sur mon lit ,je repense à cette escapade plutôt géniale que j'ai fait.Demain c'est samedi,pas d'école donc j'y retournerai sûrement avec mon amie ...enfin mon amie j'me comprends je dis cela entre guillemets.Car pour moi ce n'est pas vraiment une amie mais plutôt quelqun avec qui je discute de choses plutôt conventionelles.Elle ,c'est "mon copain , mes sorties et mes commerages" et moi c'est "mes cours ,mes problèmes et mes rêves " alors autant dire deux chemins complètement differents qui se sont prit depuis notre classe de seconde.Elle , a préféré rentrer dans le moule et ainsi devenir un mouton de la socièté et moi , je n'ai pas pu la suivre ,ou plutôt choisit de ne pas la suivre parce que je ne me sentais pas bien dans toutes ces histoires d'adolescent qui découvre les choses normales de la vie:le sexe ,l'argent et les problèmes relationels et sentimentaux.
Je lui envoie un sms bref : "cc c moi ,tsors 2m1 ? on ira se promné pré du lyC,biz"
Elle me répond cinq minutes plus tard car j'entends le vibreur qui m'apelle:
"ouki on se rtrouv dvt ché moi à 2m1 bisx"
Le lendemain,on se retrouve comme promis devant chez elle.Quand on se voit ,on souris toujours mais on aurait envie de s'enfuir en courant et de ne plus se voir.En tout cas , pour ma part.Je l'emmene sur le chemin où j'ai été hier.Elle n'a pas peur du tout.Je lui fais part de mes sensations ,de mes craintes ,je plaisante aussi mais elle n'a pas le même humour que moi.Prenons un exemple moi je suis encore dans le monde de l'enfance car le monde des adultes est trop ennuyeux pour moi .
moi:"si ça se trouve il y a une sorcière qui habite ici tu crois pas ? elle va nous tuer"
mon amie:"il y a peut-être des beaus mecs ici ou des gars avec qui on pourra faire des sorties délirantes " wwahhhouuu quelle joie...je préfère tout de suite me pendre.
On avance donc un peu à l'aveuglette sur le chemin boueux et effrayant pour moi.Elle me raconte ses histoires avec son copain ,ses sorties ,les compliments que lui fait le personnel là où elle travaille en stage,ce qu'elle a fait en vacances à Marrakesh avec ses parents dernièrement pendant l'été.Les gars étaient après elle ,il parait , ils n'arrêtait pas de la draguer.Pas de soucis je la crois mais je trouve ça d'un pathétique ,si un gars me draguerai au Maroc ou autre je ne le raconterai pas parce que franchement ,tout le monde sait que là-haut ,les mecs dragueraient n'importe quoi même un chien si il le pourrait.Ou si peut-être que je le raconterai mais je montrerai l'ampleur pathétique de la chose tout en me moquant du gars et la suprématie de mes paroles pour l'envoyer balader bien comme il faut.
Enfin bref,elle me raconte ,parfois je capte des mots et j'écoute et parfois je suis ailleurs et je m'invente des supers histoires dans ma tête.Sa vie normale ne m'interesse pas du tout et pour tout dire ce n'est pas de la jalousie mais plutôt de la deception,la deception d'avoir en face de moi une personne qui ne me comprendra jamais et qui n'aura jamais envie de partager mes peurs ,mes craintes et mes histoires.Tout avait d'ailleurs commencé fabuleusement en classe de troisième.On se racontait tout ,on se moquaient des gars idiots qui n'arrêtaient pas de se foutre de nous.Il faut dire qu'on était beaucoup dans l'enfance et le fantastique à ce moment là ,on s'est découvert une passion mutuelle pour Harry Potter on n'arrêtait pas d'en parler à longueur de journée sans même s'en lasser.Les autres nous prenaient pour des débiles , en faisant leurs "grandes" ,en faisant leur poufiaces en parlant de mecs à longueur de temps.
Mais pas nous ,nous , on parlaient de Harry Potter ,du film , des livres , des histoires ou fanfic qu'on écrivaient seulement entre nous deux.Bref ,c'était le bon temps où tout n'était qu'insouciance et douceur même si les autres ne nous idolatrait pas trop pour cela.On s'en fichaient éperdument car on était heureuse comme ça.Et vient le jour , où elle va sur msn ,internet ,les tchats.Elle fait des rencontres avec des mecs et des sorties et elle voit les même personnes qu'elle.Elle change grandement mais moi je ne la suis pas.Avant elle était avec son appareil dentaire,ses lunettes et ses habits un peu démodés et hors du temps , moi je m'habillais encore un peu comme une petite fille mais je n'avais pas de lunettes.Puis ,viens la transformation avec le temps et les experiences sentimentales (seulement pour elle je le précise,elle peut dire merci à internet).Elle change petit à petit ,elle met des décolletés,s'habille beaucoup plus féminines ,accessoires et autres trucs du genre qui fait que les filles sont la proie de mecs.Les lunettes sont remplacés par les lentilles et l'appareil lui aussi a fait son bonhomme de chemin.Moi j'ai juste l'appareil qui s'en va ,je m'habille toujours aussi normalement mais je ne change pas dans ma tête .J'ai toujours eu horreur de la compagnie des gens de mon âge.
Je me sens complètement décalé quand je suis avec eux.J'ai l'impression de me retrouver 10 ans en arrière quand j'était avec ma mère et qu'elle discutait avec ses copines:je baissait la tête en attendant qu'elle ait fini mais j'en avais marre d'attendre la fin.A chaque fois je lui demandais si je pouvais aller jouer en attendant et me disait de ne pas aller trop loin.Voilà dans quoi j'me retrouve quand je suis avec des gens de mon âge.Il y a tout de même une exception : quand je suis avec mes amies d'enfance,eux je les adore.On a eu des disputes plus d'une fois,on s'est fait la gueule mais on s'est toujours reparlé au bout d'un moment comme des vrais amis.Quand je suis avec eux ,j'me sens en sécurité ,j'me sens tellement bien que j'en pleurerai.J'ai l'impression d'être égale à eux et pas en dessous d'eux.Les personnes plus âgées que moi ,j'ai déjà essayé,je leur parle bien mais j'ai toujours l'impression d'être un enfant devant une personne adulte .Je la crains ,comme un enfant qui fait une bêtise.Je n'ose pas répondre parce que au fond de moi-même , j'me sens petite fille devant la personne adulte.
Ma copine me raconte donc ses mésaventures et aventures avec ses amies et tout ce qu'elle a put faire de bien dans la journée.J'essaie de m'interesser de temps à autre mais des fois je n'accroche plus ,comme un enfant qui aurait envie d'aller jouer au lieu de participer à une conversation adulte.Parfois j'y arrive comme une vraie adulte,parfois je n'y arrive pas et je perds patience comme un enfant.
On finit par arriver assez loin de la barraque abandonnée qui nous fait toujours face:elle est toujours aussi effrayante ,sombre et lugubre dans le bois qui est tout aussi horrible qu'elle.
"bon ba viens on fait demi-tour ?",demande mon amie avec une certaine gentillesse dans la voix.
Je la regarde un peu et regarde ensuite la maison qui parait hantée ,vu son état délabrée.
"non attends ! il faut que je vérifie quelque chose ...",répondis-je surexcitée même si je parait normale et calme comme d'habitude.
"je t'attends là",me dit-elle tout en se couvrant pour ne plus avoir froid.
"tu veux pas venir ?",lui demandais-je déçue.
"non c'est bon je reste là , dépêche toi il fait froid !",me dit-elle comme une mère qui attends son enfant.
Sur mon visage se dessine une deception immense.J'essaie de la faire entrer dans mon monde mais je vois que c'est peine perdue.Quand on est dans le moule de la socièté et qu'on voit une personne qui ne l'est pas , on a peur ,on essaye de ne pas ressortir de ce moule parce qu'on sait qu'on sera different des autres et que tout le monde nous reniera comme moi.J'ai très envie d'aller lui dire de se faire voir et qu'elle parte immediatement mais je ne dis rien.Comme si j'étais désespérée de ne pas avoir d'amies ou de personnes qui accepte de me parler.Mais plus maintenant , parce que je décide d'être peut-être seule mais froide comme un glaçon et solitaire mais au moins je sais que je ne fais pas partie de la socièté,je suis fixée et je l'assume maintenant entièrement.Ce n'est plus la peine que je fasse d'effort pour aller vers ces personnes rangées et qui ont un besoin constant d'affection et d'attention sous peine de vouloir se suicider.Non je ne serais plus aussi desespérée qu'eux ,je me battrais jusqu'au bout pour mon bien-être mais pas en demandant de l'attention de la part des autres ,je me battrais pour survivre et convaincre mon esprit de rester sur cette terre.Je préfère ce combat là.
Je marche donc en direction de la maison , d'un pas décidée et me mets à regarder à la fenêtre dotée d'un rideau marron jauni.Il est horrible c'est vrai mais en même temps ,qu'aurait-il fallu faire de mieux pour embellir cette barraque ? La reconstruire plutôt que de lui mettre des rideaux à vomir.J'observe la même pièce que l'autre fois,ma copine commence à soupirer ,signe d'une impatience forte.Je me retourne pour lui jeter un coup d'oeil ,elle a froid ,elle veut partir ça se voit mais moi je ne bouge pas d'un poil.Elle continue à soupirer de plus en plus fort.
"dépêche toi Emma , il fait froid ! viens on va chez moi !",dit-elle en marchant sur place pour se réchauffer.
Je me retourne encore ,visiblement déçue de ne rien voir de suspect mais je demeure inerte.
"vas-y commence à partir je te rejoins il faut que je vérifie quelque chose"
Je continue à regarder par la fenêtre hideuse , mais mon amie ,elle commence à partir visiblement déçue comme moi mais elle ,non pas à cause de n'avoir rien vu de diabolique ,mais plutôt de n'avoir personne avec qui discuter et à qui raconter ses frasques et ses "délires" de jeune femme qui commence à découvrir les joies de la vie en tant qu'adulte dans notre socièté si chère à ses yeux.
Moi j'observe toujours la pièce à l'interieur ,comme un chat qui attends qu'une proie vienne se mettre sous son museau.Ma copine est déjà loin,je me sens un peu coupable de la laisser toute seule et j'ai un peu peur qu'elle raconte quelque chose sur moi à des autres personnes genre "elle n'écoute personne,c'est une égoïste ,elle est bizarre,elle parle jamais ..." mais qu'importe ,il est temps de faire abstraction de tout ces sentiments insipides et tellement superficiels.Après tout je n'ai aucune place dans la socièté alors pourquoi m'en ferais-je pour une réputation qui n'est déjà pas si formidable aujourd'hui ? Oui , passons ce sentiment néfaste et humain et effaçons le de ma mémoire.Il est temps de voir si cette femme est encore dans sa baraque.
J'attends,impatiemment,une heure,puis deux,toujours personne.Pas même son chat noir.Je m'assieds contre le mur fragile de la baraque en pensant à toute ma vie.Pourquoi mon amie a changé ? pourquoi ne s'interesse t-elle plus à des choses enfantines et merveilleuses comme moi je le fais toujours sans pour autant faire la gamine dans le comportement.
Je ne sais pas et je ne pourrais jamais répondre je crois bien.Soudain ,j'entends du bruit dans la pièce , le chat noir est entré et va à sa place sur le bureau comme la dernière fois.Il se lèche avidement la patte en fermant les yeux et continue sa toilette.Puis il part,je ne sais où , dans une autre pièce avec sa maitresse sûrement.Je décide de bouger cette fois-ci et je fais un peu le tour de la maison pour voir si il n'y aurait pas quelque chose de plus bizarre.Je tombe sur un espèce de caveau protégé par une porte en feraille mais elle n'est pas fermée.Il n'y a aucun système de fermeture ou de cadenas.
J'ouvre donc la porte verte claire tout en regardant autour de moi pour voir si personne ne m'observe.Après avoir vérifié cela ,je descend dans le caveau grâce aux escaliers en pierre qu'il y a à l'interieur.Je descends ,il fait si sombre que seul la lumière du soleil peut m'éclairer dans ces conditions.Je continue et arrive enfin en bas ,je n'arrive pas à bien distinguer ce qu'il y a à l'interieur.Je perçois une étagère avec des petits bocaux d'environ 20 centimètres avec de l'eau jaune dedans.On se croirait dans un laboratoire du docteur Franckeinstein.Je m'approche doucement pour ne pas faire de bruit, regarde ce qu'il y a dans les bocaux.L'étagère est poussièreuse et de petites araignées ont déjà fait leur toiles.Je prends un bocal dans ma main pour mieux regarder ce qu'il contient et là stupeur: il y a des tas de cafards à l'interieur mais mort fort heureusement.
Je prends un autre bocal et là j'aperçoit un petit poulet ,il est mort et inerte mais ne se décompose pas grâce au liquide jaune qui le conserve.Puis je regarde un autre bocal:des souris complètement immobile,un autre:il contient du luiquide rouge et fluide,on dirait du sang ,j'espère que ce n'est est pas mais que c'est tout simplement de la peinture rouge.J'ouvre donc le bocal pour vérifier la texture:visqueux et très fin.Oui c'est bien du sang ,on dirait même du sang frais.Mais d'où cela peut-il provenir ?Surement le sang d'un animal,un chien ,un chat ou autre animal venant de la forêt.Je ne sais pas ce que cette femme en fait mais en tout cas ,on peut dire qu'elle a vraiment une case en moins de garder tout ces affreux bocaux avec elle.
Un bocal placé tout en haut attire mon attention.Je le fixe:on dirait qu'il contient de magnifiques billes oeils de chat ...qu'est-ce que je raconte ce ne sont pas des billes ...ce...sont des yeux !Mais que peut-elle bien en faire ? c'est vraiment une malade !Je suis prête à partir d'ici car là ,la peur me monte à la gorge et les larmes sont prêtes à couler tellement je suis effrayée.Calmons nous ! calmons nous ! Je me retourne prête à m'échapper de cette prison de l'horreur quand soudain ,une armoire assez âgée attire mon attention.Qu'est-ce que je vais trouver à l'interieur ? Je n'ose même pas l'imaginer.Je m'approche doucement mais sûrement puis je tremble de la main.Celle qui va ouvrir la porte.Je tourne la poignet et j'ouvre lentement:ma respiration est accelérée et mon coeur va exploser tellement j'ai peur.
La porte est enfin ouverte et là ,se tient devant moi des tas de sacs poubelles noirs ...qu'on utilise souvent pour renfermer les cadavres ! attention ! calmons nous !ce ne sont que des sacs poubelles ,ils peuvent contenir n'importe quoi ! ne laisse pas ton imagination débordante te jouer des tours.Je ne peux m'empecher d'ouvrir le sac et jeter un coup d'oeil à l'interieur ,je découvre quelque chose de blanc ,très pâle ,dur et glacé.Mais qu'est-ce que c'est ?Je décide de m'en saisir : c'est assez long ,on dirai des espèce de nems géants mais blancs et lisses.C'est quoi ? j'observe atttentivement la chose et ...au bout qu'est-ce que c'est que ça ? une ...une ...une...mmmm....main ! c'est un bras !!!!!
J'hurle de toute mon âme en ouvrant grand la bouche et je me met à courrir vers la sortie aussi vite que je le peux.Je ne referme même pas la porte du caveau de l'horreur et je part sans demander mon reste.Au bout d'un moment ,je me retourne ,je suis assez loin de la barraque mais tout de même assez prêt pour encore l'apercevoir car sur le portail , il y a la femme qui habite cette maison.Elle me fixe de ses yeux noirs ,elle sait que j'ai découvert son crime horrible ,elle a tué quelqun et l'a mit dans des sac poubelles pour le cacher.Je n'arrive pas à croire que j'ai découvert un assassinat par une folle dingue.Mais pourquoi elle ne se met pas à me courser pour me tuer moi aussi ?Elle sait que je ne dirai rien à mon avis c'est pour cela.De toute façon personne ne croirait mon histoire sordide.Je cours encore jusqu'à chez moi et dis bonjour à mes parents comme d'habitude.Il est 3h de l'après-midi alors ils se demandent ce qui se passe.
"pourquoi tu rentres si tôt ?"
"j'avais froid"
Hop ! fin de la discussion.Cela leur suffit amplement comme tout d'ailleurs.Le tant que je ne suis pas en train de mourir sous leur yeux ,c'est bon pas besoin de s'en occuper.Je monte dans ma chambre en courant et me met allongée sur mon lit et je regarde le plafond.Je prends soin d'envoyer un sms d'excuse à ma copine car je ne l'ai pas rejoint et hop ! voilà une belle excuse ,une de plus pour ne pas affronter le regard d'une encrée de la socièté:
"slt c moi , dsl de npa etr vnu ché twa mé chui tomB malad et g du rentré ,bisx @++"